Les monstres intérieurs : une lecture IFS d’Orelsan

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La chanson « Les monstres » d’Orelsan se prête parfaitement à une analyse de la psyché d’Orelsan appuyée par le modèle de Richard Schwartz. Elle met en scène un paysage intérieur peuplé de parts (ou sous-personnalités), chacune ayant son rôle, son histoire, et sa charge émotionnelle.

Écouter la chanson « les monstres » avec les paroles


1. Le paysage intérieur : un Self entouré de parts

Dans la chanson, Orelsan décrit son monde interne comme peuplé d’entités multiples, parfois en conflit, parfois confuses, souvent douloureuses.
Dans le langage IFS :

  • Le Self est la conscience, l’observateur — calme, curieux, compatissant
  • Les parts sont des fragments de sa psyché, qui portent des émotions, des croyances, des stratégies de survie

Et dans la chanson, il les voit, les entend, il leur parle — ce qui est très IFS :
👉 Il entre en relation avec ses parts, au lieu de seulement les subir.


2. Les parts Protectrices :

On pourrait en identifier plusieurs :

A. Le manager cynique / contrôleur

  • Toujours sur ses gardes
  • Se méfie
  • Anticipe le rejet
  • Dénigre le monde avant qu’il ne le blesse

Ce manager contrôle en pessimisme, pour éviter d’être touché.

B. Le perfectionniste / juge

  • Voit ce qui ne va pas
  • Dévalorise sans cesse
  • Maintient une exigence impossible à atteindre

Il pense protéger en empêchant le moindre échec.


3. Les pompiers (Firefighters)

Ce sont les parts qui interviennent quand la douleur risque de remonter.

Chez Orelsan, ces pompiers peuvent prendre la forme de :

  • L’humour
  • La provocation
  • Le retrait
  • La fuite dans le virtuel (« je m’endors devant YouTube »)

Ce sont des parts qui disent :

“Je ferai N’IMPORTE QUOI pour arrêter la douleur maintenant.”


4. Les Exilés

La chanson en est pleine — ce sont les parts blessées, sensibles, souvent infantiles.
Elles portent :

  • La honte
  • L’abandon
  • Le sentiment d’être “pas assez”
  • La solitude

Ces parts qui disent :

“Je voudrais juste qu’on m’aime.”

ou encore :

“Je ne comprends pas ce qui se passe en moi.”

Dans IFS, c’est ce sont les parts qui ont le plus besoin d’être vues.


5. Ce qui est remarquable : il ne cherche pas à les faire taire

Dans beaucoup de textes d’Orelsan, il y a un affrontement intérieur.
Mais ici — et c’est nouveau — il y a presque une forme de compassion passive.

Il ne nie plus :

  • qu’il a ces parts
  • qu’elles sont nombreuses
  • qu’elles font peur
  • qu’elles sont peut-être impossibles à gérer rationnellement

Il reconnaît la multiplicité, sans encore savoir l’apaiser.

C’est déjà de l’IFS en acte.


6. Le « problème » central IFS de la chanson

Le Self n’est pas encore pleinement leader de son système.
Il l’observe, parfois avec tendresse, souvent avec fatigue.
Mais les protecteurs gardent le contrôle.

C’est très IFS :
Au début, beaucoup de parts pensent que le Self ne peut pas gérer.


7. Une phrase sous-jacente du système pourrait être :

« J’ai appris à vivre avec mes monstres… mais pas encore à les aimer. »


8. Le chemin IFS suggéré

Ce que le Self pourrait dire, dans une version guérissante :

  • « Je vous vois. »
  • « Vous êtes là pour une raison. »
  • « Vous n’êtes pas des ennemis. »
  • « Vous avez été seuls longtemps. »
  • « Je veux mieux vous connaître. »

Dans IFS, il n’y a pas à tuer les monstres, mais à les écouter, les libérer, les réintégrer.


9. En résumé

« Les monstres » montre un système intérieur où :

  • Le Self a émergé comme témoin
  • Les protecteurs sont toujours aux commandes
  • Les exilés continuent de souffrir
  • Les parts cherchent encore un espace sûr

Cette chanson n’est pas la résolution —
c’est le moment où l’on allume la lumière dans la salle des monstres, et où l’on regarde autour.

Ce moment est, en soi, un acte thérapeutique profond, et très fidèle à l’esprit de l’IFS : le début d’un dialogue intérieur avec compassion.

Toi aussi, tu as envie de dialoguer avec tes monstres intérieurs ? Contacte-moi pour prendre rendez-vous !

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